Mon corps,
Je t’écris ce soir parce que j’ai quelque chose à te dire que je reporte depuis trop longtemps.
Je t’ai ignoré. Pendant des années, je t’ai traité comme un outil — quelque chose qu’on utilise pour aller travailler, pour s’occuper des autres, pour tenir debout quand il le faut. Je t’ai nourri à la va-vite. Je t’ai privé de sommeil. Je t’ai poussé au-delà de tes limites en me disant que ça irait. Et quand tu essayais de me parler — la fatigue, les douleurs, les signaux que tu m’envoyais — je t’ai fait taire avec du café, de la volonté, et cette conviction algérienne que se plaindre c’est faible.
Je t’ai demandé pardon dans ma tête mille fois. Mais je ne te l’ai jamais dit vraiment.
Alors voilà. Je te le dis. 💚
Pardon pour les nuits volées
Tu avais besoin de 8 heures. Je t’en donnais 5. Parfois 4. En me disant que je rattraperais le weekend — sans jamais vraiment rattraper.
Ces nuits courtes, je les vivais comme une victoire sur le temps. Comme si dormir moins prouvait que j’étais plus productive, plus sérieuse, plus méritante. Personne ne m’avait dit que c’était toi qui payais la facture — silencieusement, cellule par cellule, collagène par collagène, neurone par neurone.
Le teint terne du matin — c’était toi. La concentration qui lâchait à 15h — c’était toi. L’irritabilité que j’attribuais au stress — c’était aussi toi, qui réclamais ce que je refusais de te donner.
Pardon pour chaque nuit que je t’ai volée. Je comprends maintenant que dormir n’est pas de la paresse — c’est la chose la plus productive que je puisse faire pour toi.
Pardon pour la façon dont je t’ai regardé
Pendant des années, le miroir était un tribunal.
Je te regardais et je cherchais ce qui n’allait pas. Le ventre. Les hanches. La peau. Les cheveux. Je faisais l’inventaire de tes imperfections avec une sévérité que je n’aurais jamais appliquée à quelqu’un que j’aimais.
Je ne t’ai jamais regardé avec gratitude. Jamais dit merci pour les jambes qui me portent chaque jour. Merci pour les mains qui cuisinent, qui écrivent, qui tiennent ceux que j’aime. Merci pour le cœur qui bat — sans relâche, sans pause, depuis le premier jour — sans jamais me demander de la reconnaissance en retour.
Tu étais là. Tu es toujours là. Et je regardais tes imperfections au lieu de voir ta fidélité.
Pardon.
Pardon pour la nourriture
Je t’ai nourri rapidement, distraitement, parfois avec culpabilité.
Je mangeais devant l’écran. Je sautais des repas puis compensais avec n’importe quoi. Je me privais pendant la semaine et me rattrapais le weekend. Je confondais les régimes avec le respect — comme si me punir de manger était une façon de prendre soin de toi.
Ce n’était pas ça prendre soin. C’était te malmener.
Tu avais besoin de vraie nourriture. De protéines pour tes cheveux et tes muscles. De fer pour ton énergie. De magnésium pour tes nerfs. De vitamine D pour tes os et ton humeur. De légumes pour ton microbiome. D’eau — surtout d’eau.
Je te donnais du café et de la bonne volonté.
Pardon pour chaque repas avalé sans te respecter. Pardon pour les carences que j’ai laissé s’installer parce que je n’avais pas le temps de manger correctement.
Pardon pour le stress que je t’ai fait porter
Je t’ai mis le monde sur les épaules.
Le travail, la famille, les attentes — les miennes et celles des autres. J’ai tout accepté, tout absorbé, tout gardé à l’intérieur. Parce qu’on ne se plaint pas. Parce qu’il y a toujours quelqu’un qui a plus difficile. Parce que montrer sa fragilité, en Algérie comme ailleurs, demande un courage qu’on n’apprend pas toujours à avoir.
Et toi — tu portais tout ça dans tes cellules. Le cortisol qui montait. L’inflammation qui s’installait. Les boutons qui apparaissaient. Les cheveux qui tombaient. Les nuits agitées. Les douleurs musculaires sans raison apparente.
Tu me parlais. En continu. Avec les seuls mots dont tu disposais — les symptômes.
Et moi je cherchais des crèmes au lieu d’écouter.
Ce que tu m’as appris quand tu as dit stop
Le jour où tu as dit stop — ce matin où je ne pouvais plus me lever, où la fatigue était devenue quelque chose d’autre, quelque chose de plus lourd — j’ai eu peur.
Et puis j’ai compris.
Tu ne m’abandonnais pas. Tu m’obligeais enfin à t’écouter. Tu avais essayé doucement pendant des mois. Tu avais envoyé des signaux que j’ignorais. Et quand la douceur n’avait pas suffi — tu avais parlé plus fort.
C’était un acte d’amour. Pas une trahison.
Ce matin-là, j’ai appelé mon médecin. J’ai fait le bilan sanguin que je repoussais depuis deux ans. J’ai découvert des carences — fer, vitamine D, magnésium — que j’aurais pu corriger des années plus tôt si j’avais pris le temps de t’écouter.
J’ai commencé à dormir plus tôt. À boire de l’eau vraiment. À marcher 20 minutes le soir — pas pour maigrir, juste pour toi, juste parce que l’air du soir te fait du bien. À manger des repas assis, sans écran, en remarquant les saveurs.
Des gestes simples. Presque trop simples pour être révolutionnaires.
Et pourtant — quelque chose a changé. Pas spectaculairement. Pas en une semaine. Mais progressivement, comme une lumière qui revient lentement dans une pièce trop longtemps fermée.
Ce que je veux te promettre maintenant
Je ne vais pas te promettre la perfection. Je connais mes limites — et les tiennes aussi, maintenant.
Mais je te promets de t’écouter davantage. Quand tu es fatiguée — dormir. Quand tu as faim — manger vraiment. Quand tu as mal — m’arrêter et chercher pourquoi, pas juste tenir.
Je te promets de te regarder différemment dans le miroir. De chercher ce qui va plutôt que ce qui manque. De te remercier parfois — pour les jambes, pour le cœur, pour les mains.
Je te promets de prendre les compléments que tu réclames depuis des mois. Le fer, le magnésium, la vitamine D. Non pas comme une punition — comme un cadeau. Parce que tu mérites d’être nourrie correctement de l’intérieur.
Et je te promets de ne plus te traiter comme un outil. Tu n’es pas un moyen d’arriver à quelque chose. Tu es la maison dans laquelle je vis. Et cette maison mérite qu’on en prenne soin.
Pour toutes celles qui se reconnaissent
Si vous avez lu cette lettre et qu’elle a résonné quelque chose en vous — peut-être que vous aussi, vous avez quelque chose à dire à votre corps.
Pas besoin de l’écrire. Pas besoin de le partager. Juste de l’entendre — intérieurement, silencieusement.
Votre corps vous parle. Il a toujours parlé. La fatigue chronique, les cheveux qui tombent, la peau qui réagit, le sommeil qui ne répare plus — ce ne sont pas des caprices. Ce sont des messages.
Prenez-en soin. Pas pour les autres. Pas pour paraître mieux. Pour vous — parce que vous méritez de vous sentir bien dans la maison que vous habitez.
Chez Djeddi, on est là pour vous aider à écouter ces messages — avec les bons compléments, les bons soins, et les bons conseils pharmaceutiques. Parce que prendre soin de son corps, c’est prendre soin de tout le reste.
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Et vous — qu’est-ce que vous diriez à votre corps si vous lui écriviez une lettre ? 💚
Vous n’êtes pas obligée de partager. Mais si cet article vous a touchée — dites-nous juste en commentaire ce que vous avez ressenti. Un mot suffit. On lit tout. 💚
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